Lieu de vie · 1926–1927
Hôtel de la rue Frochot
Adresse · 12, rue Frochot, 75009 Paris
Métro · Pigalle (2, 12)
Aujourd'hui · Devenir inconnu
L'histoire
La rue Frochot descend vers la place Pigalle, où elle rejoint l'avenue Frochot et les rues Jean-Baptiste-Pigalle et Duperré. Toutes deux portent le nom de Nicolas Frochot (1761-1828), premier préfet de la Seine. L'avenue voisine, ouverte en 1826, appartenait à un lotissement résidentiel qui attira artistes et amateurs ; on y voit encore un hôtel néogothique de 1837-1839, inscrit aux monuments historiques en 2021. Depuis la fin du XIXe siècle, le quartier est celui des cabarets, du Chat noir au Moulin-Rouge, et dans l'entre-deux-guerres celui des bars, du jeu et du jazz, avec une réputation de pègre.
Crowley s'installe le 26 août 1926 à l'hôtel Atlantic, 12 rue Frochot, en quittant l'hôtel des Ambassadeurs. Ce même jour commence une série d'opérations de magie sexuelle consignées dans son journal, qui se poursuit tout l'automne avec plusieurs partenaires, chaque opération étant dédiée à un but précis : obtenir de l'argent, la jeunesse, l'énergie ou la santé.
Le 12 septembre, l'actrice Jane Wolfe, disciple venue de l'abbaye de Thélème de Cefalù, prend une chambre au même hôtel. Le 8 octobre, Dorothy Olsen lui rend une dernière visite ; elle le quitte le 12, jour de ses 51 ans, repart pour l'Amérique et ne le reverra plus. Le 18 novembre, il célèbre l'anniversaire de son entrée dans la Golden Dawn en 1898. La chronologie situe également en novembre 1926 une opération avec la photographe Berenice Abbott.
L'adresse reste la sienne au moins jusqu'au début de juillet 1927 : le 2 juillet, il écrit à l'éditeur Edward Titus depuis le « Hotel Frochot, 12 rue Frochot ». Entre-temps, Jane Wolfe a été opérée fin avril à l'Hôpital américain de Neuilly, où elle reste onze semaines ; elle s'embarque pour New York le 1er octobre 1927. Mi-juillet, Crowley a déménagé rue de la Mission-Marchand.
Les sources ne documentent ni l'histoire de l'hôtel Atlantic ni l'usage actuel du n° 12. Depuis la rue, qui débouche sur la place Pigalle, on voit la façade du n° 12 et, tout près, l'entrée de l'avenue Frochot et de son ancien lotissement d'artistes.