Demeure · 1887-1897
Appartement de Stanislas de Guaita
Adresse · 20, avenue Trudaine, 75009 Paris
Métro · Anvers (2) / Pigalle (2, 12)
Aujourd'hui · Privé, vu de la rue. Immeuble d'habitation, vu de la rue.
L'histoire
L'avenue Trudaine, large voie plantée du sud de Montmartre, est bordée d'immeubles bourgeois du XIXe siècle. En janvier 1887, Stanislas de Guaita y loue un appartement en rez-de-chaussée au numéro 20. Il y passe désormais l'essentiel de l'année, à l'exception des étés au château familial d'Alteville, en Lorraine, et y constitue une remarquable bibliothèque d'ouvrages de kabbale, d'alchimie et de magie. L'appartement donne sur l'avenue et se trouve à quelques pas du collège Rollin et de l'Auberge du Clou.
Selon Churton, Guaita y tenait le jeudi soir des réunions où l'on se pressait « comme des alchimistes autour de l'athanor » : Papus, Péladan, l'abbé Roca, Lady Caithness, Michelet, Barrès, Saint-Yves d'Alveydre. C'est le cœur de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix fondé en 1888. C'est aussi d'ici que partit, selon ses adversaires, la prétendue guerre magique contre l'abbé Boullan, que Huysmans et Jules Bois dénoncèrent en 1893. Ces séances mêlaient conversation savante, lectures et projets d'ordres initiatiques.
Guaita, de plus en plus reclus et dépendant aux drogues, meurt à 36 ans. La réputation de lieu hanté, rapportée par Churton, relève de la légende. L'immeuble est aujourd'hui privé et se regarde depuis l'avenue ; Churton en publie une photographie récente. Ses livres sur le satanisme et la magie noire, réunis sous le titre Le Serpent de la Genèse, sont restés inachevés. Sa bibliothèque, dispersée après sa mort, a nourri le marché des livres ésotériques pendant des décennies. Aucune plaque ne rappelle son séjour.
À vérifier · Churton date la mort de Guaita de 1898 ; il est mort le 19 décembre 1897 au château d'Alteville. Coordonnées estimées au numéro.