Mémoire · 1929
Préfecture de police
Adresse · Île de la Cité, 75004 Paris
Métro · Cité (4)
Aujourd'hui · En activité. Toujours la Préfecture de police, vue de l'extérieur.
L'histoire
La Préfecture de police occupe sur l'île de la Cité, face à Notre-Dame, l'ancienne caserne de la Cité, bâtie de 1863 à 1867 sur les plans de Pierre-Victor Calliat pour loger la garde de Paris, à l'emplacement des églises Saint-Éloi et Saint-Germain-le-Vieux. Lorsque les anciens locaux de la Préfecture, près du Palais de justice, sont incendiés le 24 mai 1871 à la fin de la Commune, l'administration s'installe dans la caserne, au 7, boulevard du Palais. Le département de la Seine rachète le bâtiment fin 1878 et la Garde républicaine y cohabite avec la police jusqu'en 1929, l'année même de l'affaire Crowley.
Crowley, Regardie et Maria de Miramar dépendent du service des étrangers, chargé des cartes d'identité des résidents étrangers. Le 17 janvier 1929, un inspecteur vient avenue de Suffren s'enquérir de ces cartes, de la consommation de drogue de Crowley et de ses déplacements de l'année écoulée ; le 29 janvier, le chef de bureau des étrangers assure à son ami Gerard Aumont qu'il ne faut pas l'inquiéter. Le 5 mars pourtant, une convocation à la Préfecture vise les trois résidents. Malade, Crowley obtient un report au vendredi 8 mars, où Regardie et Maria de Miramar se présentent seuls : on leur remet des refus de séjour datés du 15 février, avec ordre de quitter le territoire avant le 9 mars. Un inspecteur apporte le même document à Crowley l'après-midi.
Regardie fait intervenir le consul américain, qui lui répond qu'aucune charge personnelle ne pèse sur lui : il paie sa qualité de secrétaire de Crowley. Refoulés en Angleterre le 10 mars, Regardie et Maria de Miramar se replient à Bruxelles. Crowley, lui, est autorisé le 10 mars à rester provisoirement en raison de son état de santé, et se maintient grâce à des certificats médicaux. Quand l'affaire éclate dans la presse à la mi-avril, la Préfecture confirme aux journalistes britanniques le refus de séjour tout en démentant tout lien avec les accusations d'espionnage ; Crowley dit ne pas en connaître le motif et réclame une enquête publique.
Le bâtiment abrite toujours la Préfecture de police, rénovée de 2009 à 2014. Il est surtout célèbre pour l'insurrection policière du 19 août 1944 et la reddition allemande signée le 25 août dans la salle de billard. On en voit les façades depuis le parvis de Notre-Dame, le boulevard du Palais ou le quai du Marché-Neuf ; les services ne se visitent pas librement.